Olivier
Lejade
En guise d'introduction je souhaite bien
faire comprendre que cette démarche
ne va pas résoudre tous nos problèmes.
En effet, les causes de notre situation
actuelle sont d'ordres conjoncturel, sectoriel
et structurel. L'initiative de la Déclaration
Commune n'a vocation qu'a attirer l'attention
sur nos problèmes structurels. Les
problèmes sectoriels doivent être
adressés entre nous, au sein de notre
industrie. La conjoncture, quant à
elle, évolue seule et tend à
se réguler d'elle même.
David
Cage
Ce mouvement que j'ai initié est
né d'une frustration.
Les licenciements sont nombreux dans notre
secteur, mais malgré tout les médias
ne parlent jamais de nous. Il y a bien quelques
articles sur les licenciements notamment
chez Infogrames, mais aucun article ne traite
du jeu Vidéo. On cite la "French
Touch" mais on donne en exemple des
jeux faits à l'étranger.
Pour les mêmes raisons, l'APOM a été
créée pour tenir un discours
de développeur et non pas d'éditeur.
Je souhaite que les journaux ne parlent
pas seulement des éditeurs mais s'intéressent
aussi aux développeurs.
J'ai
donc rédigé une lettre ouverte
<http://www.quanticdream.com/creation_numerique.pdf>.
Elle n’est que l’expression
de mon opinion personnelle.
Sur le forum de l'IGDA où elle a
été publiée
(en bas de la page), la lettre a reçu
un enjouement extraordinaire. J'ai eu beaucoup
plus de retour que prévu. En fait,
elle a été une sorte de déclencheur
qui a donné envie de parler ensemble.
Plusieurs personnes comme Olivier Lejade
et Abrial Da Costa, et d'autres, se sont
mobilisés.
Nous ne souhaitons pas devenir un autre
APOM ou un autre SELL. Nous voulons juste
défendre notre intérêt
commun et tenter de sauver notre industrie.
La situation est assez grave et nous devons
avoir un discours commun. Ce n'est pas simple,
tous les profils sont impliqués en
partant des développeurs/créateurs
jusqu'aux éditeurs qui, on le comprends
bien, on du mal à se mettre d'accord…
Nous avons alors décidé de
rédiger la « Déclaration
Commune des Etats généraux
du jeu Vidéo Français
» dont la première version
a également été publiée
sur le forum.
Elle a été soumise aux principaux
organismes représentatifs des différents
métiers du jeu vidéo : l'IGDA,
l’APOM, le SELL, ARC Numérique,
Lyon Game, qui ont tous participé
à sa rédaction. Tous les représentants
sont parvenus à trouver un accord
sur les différents points qui la
composent et sur lesquels nous devons travailler.
Notre
métier est un métier d'avenir,
de loisir, d'entertainment, et ce marché
représente 700 millions d’euros
en France, plus que le cinéma français.
Alors, si l'on veut continuer à faire
des jeux français, nous devons adopter
quatre mesures :
- nous devons parler ensemble
- nous devons atteindre les journaux grand
public
- nous devons rencontrer les politiques
- nous devons aborder la question sous ses
aspects culturels et économiques
L'APOM, tout en allant dans le même
sens, a choisi d'agir dans les couloirs.
Nous souhaitons êtres plus ouverts
et agir sur la place publique. Cette initiative
défend l'intérêt collectif.
Olivier
Lejade
Avant la première lettre de David,
le forum de l'IGDA a été la
scène de très nombreux débats
sur le sujet. Débats d'où
ont émergé quelques initiatives
comme celles de Philours et de Surfufu (voir
le CR du mois de septembre)
Toute cette énergie s'est transformée
en une action que nous avons nommé
"Déclaration Commune des Etats
Généraux du jeu Vidéo
Français". Bien évidement,
son texte ne conviendra pas à tous
à la virgule près, mais dans
son ensemble, nous sommes tous d'accord
sur le fond.
Il y a de vrais problèmes en France,
nous sommes tous d'accord là dessus,
et si nous ne faisons rien pour les résoudre,
on ne fera plus de jeux en France, tout
simplement.
Abrial
Da Costa
On avait un rêve : Sommes nous capables
de parler tous ensembles d'une seule voix
en France ? Est-ce que les développeurs
ont encore envie de faire des jeux en France
?
Aujourd'hui, personne ne défend les
créateurs. Il faut leur donner la
parole. Il n'est jamais trop tard pour faire
quelque chose.
David
Cage
Certains nous ont soupçonné
d'agir dans l'unique but d'obtenir des subventions
de la part du gouvernement, ce qui mettrait
le jeu vidéo français "sous
perfusion".
C'est faux. Ce que nous souhaitons, c'est
d'arriver à un contexte économique
proche de celui du cinéma français.
Les SOFICA par exemple sont des fonds privés
encouragés par le gouvernement. Ils
seraient tout à fait adaptés
au jeu vidéo. Par ailleurs, on pourrait
créer un autre CNC qui serait dédié
au Jeu Vidéo.
D'autres on dénoncé le fait
que nous se serions "pas bons"
en tant que développeurs.
C'est peut-être vrai. Ce qui est certain
c'est que nous avons notre part de responsabilités
dans cette situation. Nous allons devoir
nous remettre en question. La "french
touch" qui était graphique,
doit devenir une "french touch"
par la qualité de nos jeux.
Olivier
Lejade
Parlons maintenant des actions futures :
Nous souhaitons mettre en place une campagne
de médiatisation. Aujourd'hui nous
voulons réunir tout le monde derrière
ce texte. Mais l'APOM et le SELL refusent
toujours de le signer... (L'APOM a, depuis,
enregistré sa signature. NDR)
Romain
Poirot-Lellig
Tout d'abord je souhaite me présenter
: Mon métier est d'aider les créateurs.
J'ai été journaliste à
« La Tribune » et je suis aujourd'hui
un des membres fondateurs de l'APOM.
Et pour répondre à la remarque
d'Olivier, je tiens à dire que l'APOM
a réellement apprécié
le débat qui s'est déroulé
sur le forum de l'IGDA et a aidé
à la rédaction de la «
Déclaration Commune ».
Si nous ne souhaitons pas signer aujourd'hui
cette déclaration, c'est en raison
des signatures fantaisistes qui y figurent
(« Oussama Ben Laden, Lara Croft,
etc…) et que nous ne souhaitons pas
présenter en l'état face à
un représentant du gouvernement.
S'il est possible de filtrer ces signatures,
alors oui nous la signerons volontiers,
d’autant plus que nous sommes en accord
total sur le fonds.
(Le texte de la Déclaration Commune
a été ouvert à la signature
électronique à cette adresse.
Quelques plaisantins y ont enregistré
des noms tristement célèbres.
NDR)
Nicolas
Gaume
Pour me présenter rapidement, je
suis membre de l'IGDA depuis 15 ans et président
d’ex-Kalisto qui a à son actif
44 jeux, et membre fondateur de l'APOM.
Je souhaitais juste dire que je suis anxieux
par rapport à la situation actuelle
en même temps heureux que la «
Déclaration Commune » existe.
La philosophie de l'APOM est de faire en
sorte que l'on soit tous ensembles.
Romain
Poirot-Lellig
Depuis février dernier, et jusqu'à
la rentrée, l'APOM n'a pas suffisamment
communiqué et aurait dû le
faire. (Depuis lors, nous avons noté
une très nette amélioration.
NDR)
Je tiens quand même à rappeler
que les développeurs de jeux, au
travers de l'APOM siègent pour la
première fois depuis cette année
au CSPLA,
une commission qui, entre autres, décide
de l'attribution de la taxe sur les CD et
qu'ainsi nous oeuvrons sur le partage de
cette taxe.
Par ailleurs, nous travaillons également
sur le sujet des SOFICA pour le Jeu Vidéo.
Et comme cela a été annoncé
sur le forum de l'IGDA dans ce post,
5 mois de travail de l'APOM et du SELL avec
le gouvernement se concrétiseront,
le 15 novembre par une rencontre avec M.
Jean-Pierre Raffarin, premier ministre.
Olivier
Lejade
Merci et bravo pour ces avancées.
Pour revenir à nos actions futures
:
Notre idée est de transformer ce
collectif en quelque chose de plus pérenne.
Pour cela nous souhaitons créer une
association qui regrouperait des représentants
des éditeurs, des développeurs
et des studios au sein de « collèges
» du même nom.
David
Cage
Oui, les organisations doivent assurer une
représentativité. Il faut
donc un collectif élu par vous tous
en complément de l'APOM et du SELL.
Je souhaite noter que de plus en plus d'éditeurs
viennent vers nous en nous disant que notre
démarche est la bonne. Ce qui est
très prometteur.
Romain
Poirot-Lellig
Je souhaite poser une question à
l'assemblée à titre tout à
fait personnel :
« Est-ce que votre initiative ne va
pas tout à fait au bout de sa pensée
vis-à-vis du fait que la situation
actuelle serait aussi due au fait qu'Infogrames
et Ubisoft embauchent de plus en plus à
l'étranger ? »
Réponse de David Cage : Comme tout
le monde le sait, cela revient moins cher
et actuellement les coûts de production
sont plus importants que la qualité
du produit.
Bien sûr, il faudrait qu'Infogrames
et Ubisoft reviennent en france. Il faut
lutter contre ça et c'est au coeur
de la « Déclaration Commune
» qui propose des outils pour attirer
les développeurs en France comme
par exemple la création d’un
Pôle de Croissance...
Abrial
Da Costa
J'étais présent lors du dernier
meeting de l'IGDA à Lyon (Compte-Rendu
ici).
Plusieurs points ont été soulevés
qui méritent notre attention :
- fédérer au niveau européen
(Allemagne, Angleterre, ...)
- avoir des formations
- attirer des financements
Nous
avons la chance d'avoir des chapitres de
l'IGDA dans plusieurs états européens.
Profitons-en pour discuter tous ensembles...
Quelques
liens :
Déclaration
Commune des Etats Généraux
du Jeu Vidéo Français
http://www.jvfrancais.org
SOFICA
http://www.cnc.fr/d_stat/dossiers/bilancine02/10.htm
http://www.senat.fr/rap/r98-011/r98-01115.html
http://screenrunner.free.fr/sofica.html
CSPLA
http://www.culture.gouv.fr/culture/cspla/conseil.htm
http://www.culture.fr/culture/cspla/creation.htm
APOM
http://www.apom-france.org
SELL
www.sell.fr
Lyon
Game
www.lyongame.com